Il y a des mois où l'actualité géopolitique semble dicter à elle seule la direction des marchés. Septembre 2026 en fait partie. Retracer ce qui s'est passé, et ce que les prix ont réellement fait, permet d'en tirer une leçon plus utile qu'un pronostic.
Le pétrole, thermomètre des tensions
Le conflit au Moyen-Orient perturbe depuis la fin février le détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Dans son rapport du 11 septembre, l'Agence internationale de l'énergie estime que les stocks mondiaux ont diminué de 507 millions de barils depuis le début du conflit, tout en relevant que les pertes de brut transitant par le détroit ont été ramenées à un peu moins de 45 %.
Les prix ont épousé chaque rebondissement. Selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), le Brent négocié au comptant — le pétrole physique livré en Europe — est passé d'environ 96 dollars le 1er septembre à 130,80 dollars le 15 septembre, avant de revenir à 114,89 dollars le 22. Entre-temps, les agences de presse ont rapporté une attaque de drones contre un oléoduc saoudien, la prise par les rebelles houthis d'îles proches du détroit de Bab el-Mandeb, à l'entrée de la mer Rouge, puis une proposition iranienne de réouverture d'Ormuz sous sept jours, que Washington a d'abord rejetée avant d'évoquer une reprise des discussions.
Le prix du pétrole coté sur les marchés à terme, le plus souvent cité dans la presse, est resté nettement inférieur à celui du pétrole physique durant tout le mois : les deux ne mesurent pas la même chose, et il faut toujours savoir lequel on lit.
L'or n'a pas joué son rôle de refuge
On attend souvent de l'or qu'il protège dans les périodes troublées. Septembre a rappelé que ce n'est pas une règle. Après un record historique de 5 501,70 dollars l'once le 29 janvier selon le prix de référence de la LBMA, le métal cotait fin septembre autour de 4 300 dollars selon les cours relayés par l'agence Reuters, en recul sur plusieurs semaines : selon les analyses de marché, la hausse des taux américains et la fermeté du dollar ont davantage pesé que les tensions géopolitiques. Aucun actif ne protège en toutes circonstances.
Chine–États-Unis : une trêve prolongée, pas un règlement
La visite d'État de Xi Jinping à Washington s'est conclue, selon l'agence Associated Press, par une prolongation de deux mois de la trêve commerciale entre les deux pays, désormais fixée au 10 janvier 2027, sans avancée sur les terres rares ni sur Taïwan. Les principaux indices boursiers chinois ont d'ailleurs reculé le 24 septembre, selon Reuters. Une trêve repousse une échéance ; elle ne supprime pas l'incertitude.
Ce que cela change pour un patrimoine calédonien
Pour un résident de Nouvelle-Calédonie, la géopolitique se transmet par trois canaux concrets. Les carburants d'abord, dont le prix est révisé chaque mois par les pouvoirs publics à partir des cotations de Singapour : les mouvements de septembre se répercuteront, ou non, dans les prochains arrêtés, selon un mécanisme que nous décrivons dans un article dédié. Le nickel ensuite, dont le cours conditionne une partie de l'activité du territoire et dépend avant tout de l'offre indonésienne, premier producteur mondial ; l'International Nickel Study Group anticipait en avril un léger déficit du marché mondial en 2026, après un excédent en 2025. Les placements enfin, par les unités de compte exposées aux marchés internationaux.
La leçon est la même qu'en avril, lors du précédent pic pétrolier : un choc géopolitique n'est prévisible ni dans son calendrier ni dans son ampleur, et les prix peuvent se retourner en quelques jours. Ce qui se prépare, c'est la capacité à le traverser : une épargne de précaution dimensionnée pour absorber une hausse temporaire des dépenses, une diversification qui ne repose pas sur un seul actif réputé protecteur, et un horizon de placement cohérent avec l'usage de chaque somme. Ces choix se font à froid, dans le cadre d'une analyse personnalisée — pas au rythme des dépêches.
À retenir
Cet article a une vocation pédagogique et générale et ne comporte aucune appréciation d'ordre politique. Les données citées sont celles publiées par leurs sources (EIA, Agence internationale de l'énergie, LBMA, International Nickel Study Group) ou rapportées par les agences de presse (Associated Press, Reuters) au 28 septembre 2026 ; la situation évolue rapidement. Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement. Toute décision suppose une analyse personnalisée préalable de votre situation, de vos objectifs et de votre tolérance au risque.